Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 14:12

 

 

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          Woody nous a quittés le mois dernier après une longue maladie, malgré nos soins. Mais il a bien résisté et profité des premiers beaux jours de l'été.

          Il a rejoint Zelda, Tanit, Scott et les autres... dans les étoiles, au Paradis des Chats.

          Tu seras toujours auprès de nous, Woody, dans le souvenir de ta toison ensoleillée, de tes yeux si clairs, de ta gentillesse...

          Toujours et pour toujours...

 

          Antinéa, Salammbô, Yom Yom, Lancelot, Zeldo et Marion

 

 

 

Par Marion Sérignan - Communauté : passion féline
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 14:12



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          Dans "Salammbô", le roman de Flaubert, Salammbô, fille du chef de guerre Hamilcar, invoque Tanit, la Déesse de la Lune :
          " ... Selon que tu croîs ou décroîs, s'allongent ou se rapetissent les yeux des chats et les taches des panthères (...) Tu formes les perles au fond de la mer (...) Quand tu parais, il s'épand une quiétude sur la terre ; les fleurs se ferment, les flots s'apaisent (...) Mais tu es terrible maîtresse !... C'est par toi que se produisent les monstres, les fantômes effrayants, les songes menteurs ; tes yeux dévorent les pierres des édifices et les singes sont malades toutes les fois que tu rajeunis..."
          Ne pensez pas que je veuille vous éblouir avec une citation littéraire. Si je fais commencer mon article par cet extrait de roman, c'est parce que ça parle de moi et de ma grand-mère Tanit.

          Récapitulons. Marion est venue me chercher, il y a bientôt dix-neuf ans, dans la remise de la maison voisine. Elle m'a choisie, dans la première portée d'Antinéa, parce que j'avais de magnifiques yeux myosotis et de vraies taches de siamoise. A cette époque, elle lisait le roman de Flaubert et elle me trouvait - comme l'héroîne - exotique et séduisante. D'où mon nom.
          Beaucoup plus tard, suite au décès du voisin, toute la famille a été adoptée : cinq femelles. Mais l'adoption a commencé par quatre : Antinéa, ma demi-soeur Yom Yom et ses filles Guenièvre et Zelda.
          Il y avait une arrière grand-mère, une belle panthère noire au regard de braise. Disparue pendant plusieurs semaines, elle est revenue et s'est comportée comme si elle avait été là la veille et les jours précédents, comme si son absence n'avait été qu'une illusion... Mais ce qui a marqué son retour, c'est qu'elle a mordu la main de Marion entre deux séances de câlins, comme pour lui dire : "J'aime bien les caresses, mais moi seule décide quand ça commence et quand ça s'arrête !" Donc, mystérieuse, séductrice mais farouche... Marion a compris qu'il fallait respecter son caractère dominateur, son indépendance. Elle a vu aussi que je l'admirais et n'a eu qu'à s'inspirer du roman. La belle panthère noire est devenue Tanit, la "Déesse de la Lune", et moi sa grande prêtresse.
          Attention ! Ce n'était pas de tout repos avec elle ! Elle était en effet autoritaire et tout le monde filait doux - en cachette, on l'appelait le tyrannosaure. Et les mâles, n'en parlons pas ! Qui s'y frottait s'y piquait ! Un jour, elle a envoyé sur les roses Scott (alias l'Ecossais) qui s'approchait timidement de son assiette. Marion racontait la scène dans "Passionnément Chats" :
          "Il se fait proprement éjecter d'un coup de patte noire aussi rapide que le dard d'un scorpion fondant sur sa prois, accompagné d'un "mrouiiii... !" tout aussi venimeux. Tanit est ulcérée :
          - Sachez, infâme païen, que l'on ne pille pas impunément le Repas Sacré de la "Déesse de la Lune" !
          Penaud, déconfit, l'Ecossais s'éloigne à l'extrémité de la terrasse et se lèche avec un air concentré la patte avant gauche pour se donner une contenance."

          Lorsqu' en 2004 une grave maladie du foie a emporté Tanit (tout comme Scott), malgré les soins, ça a fait un grand vide. On la craignait mais on l'admirait. Elle était si belle ! Ses yeux d'or nous hypnotisaient...
          La "Déesse de la Lune" a rejoint l'astre d'argent pour veiller sur nous dans la nuit piquetée de diamants...

          Salammbô

  
 

Par Marion Sérignan - Communauté : passion féline
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 14:42




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          Comme j'ai passé le cap de la visite médicale annuelle (et des vaccins) sans trop de honte - je n'ai pas maigri mais je n'ai pas grossi non plus ! -, moi, Lancelot, dit "le gros", j'ai gagné le droit d'écrire un nouvel article.
          Et je vais vous parler d'un petit monsieur qui, à une époque, m'a donné beaucoup de soucis, car il était svelte et j'étais jaloux : Scott.

          Il s'est imposé dans notre famille l'année de l'adoption de Guenièvre, Zelda, Yom Yom, Antinéa et Tanit. Woody et moi, on est arrivé quelques mois plus tard, mais les filles m'ont raconté comment il s'y est pris. Et on peut dire qu'il avait le front tout autour de la tête !
          Il habitait dans la maison du bout du chemin. A l'époque, il s'appelait Pierrot. Il avait un frère, Popaul, et les deux chats cohabitaient avec deux boxers, ce qui avait l'air de le gonfler sérieusement ! Alors, il a fait des travaux d'approche... Il était opéré, mais les femelles d'à côté lui plaisaient bien, surtout une certaine Zelda qui avait de longues pattes de danseuse et un petit nez retroussé. Et puis, le mas du bout du chemin faisait un peu auberge. Il y avait des gamelles très appétissantes sur la terrasse, à des heures plus ou moins fixes, vers neuf heures et dix-huit heures...
          Il a commencé à venir rôder vers ces crénaux horaires. Qui sait ? Il trouverait bien un peu de rab à grapiller par-ci, par-là...
          Le problème, c'est qu'il a fait trop bonne impression à Marion qui lui trouvait belle allure avec "... sa queue mouchetée, qu'il porte en panache, (...) coiffée d'un pompon blanc comme pour affirmer sa hardiesse." Elle le décrivait ainsi dans "Passionnément Chats". Elle le trouvait aussi attendrissant lorsqu'il s'invitait à la collation familiale, et écrivait à l'une de ces occasions : "Mon pauvre chou, on ne te nourrit plus chez toi ?" Il me regarde avec avec ses yeux maquillés de fille, offrant une expression un peu vide - il n'a que quelques poils fins et courts en guise de moustaches. Attendrie, je lui sers un petit déjeuner à l'écart..."
          Par contre, les filles l'ont bien snobé au début. Et c'est un euphémisme ! Car il s'est pris quelques roustes, coups de griffes et de dents, accompagnés de feulements et injures bien senties - de la part de Yom Yom notamment !
          De plus, le grand amour de sa vie, Zelda, l'ignorait superbement. Mais Marion trouvait qu'ils allaient bien ensemble : même manteau tigré à plastron blanc, longues pattes, grands yeux soulignés de noir... Elle s'est imaginée qu'ils formaient un couple. Alors, elle l'a rebaptisé Scott, en hommage au couple emblématique des Années Folles, Scott et Zelda Fitzgerarld...
          A l'époque, il se partageait entre le mas et la maison du bout du chemin. Un jour, les voisins ont annoncé : "On divorce, on vend la maison." Marion a répondu : "Et nous on garde le chat."
          Voilà pourquoi Woody et moi, adoptés à temps plein depuis un moment déjà, étions jaloux de ce petit monsieur qui était svelte et avait le front tout autour de la tête !
          Quelques bagarres épiques ont fait des étincelles. Mais on a fini par cohabiter tous les trois, puisque de toute façon, les filles nous snobaient tous...
          
          Lorsqu'il nous a quittés, en 2007, suite à une maladie du foie foudroyante, malgré les soins et une hospitalisation, on a eu tous les cinq un peu de chagrin.
          Et lui, qui ne s'était jamain remis de la disparition de Zelda, en 2005, est allé la rejoindre au Paradis des Chats...

          Lancelot


 

Par Marion Sérignan
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 11:10




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          Aujourd'hui, 8 janvier 2010, à Barbentane (près d'Avignon mais dans les Bouches du Rhône), c'est la Province de Québec...
          Moi, Antinéa, en début d'année de mes 20 ans, je me suis réveillée avec une vision plus claire que d'habitude à travers la vitre de la porte-fenêtre. Tout était blanc, cotonneux, et de drôles de petites pelotes immaculées tombaient du ciel gris argent. Les acanthes, les lauriers, les cyprès, les bambous ployaient lourdement sous de grosses couvertures laineuses...
          Papa-maman se sont levés en catastrophe à cause d'un grand bruit de chute. Une grosse branche cassée par le poids de la neige avait arraché le câble électrique qui nous alimente, au milieu du chemin. Donc panne de tout : chauffage, télévision, téléphone, Internet... Heureusement, il y a la cheminée et le portable !
          C'est le début de l'après-midi. A 14h 30, il y avait 11 cm de poudre blanche sur la table du jardin. Et ça continue ! Les services de l'EDF sont prévenus. On attend...
          C'est beau la neige pour nous les Provençaux. C'est rare. Mais nous, les chats, aujourd'hui on est bouclés. Parce que papa-maman ne veulent pas qu'on aille dans la tempête - car c'est une vraie tempête, les flocons tombent toujours aussi drus et le vent s'est levé. Surtout, il n'est pas question qu'on aille rôder auprès de ce câble électrique, à terre sur le chemin !
          Heureusement, le sommeil atténue la frustration pour Salammbô et Yom Yom, sur les fauteuils près du feu de bois, et Lancelot, sur le lit. Mais Woody est furax ! Le macho voulait aller marquer son territoire. Marquer quoi ? Je vous le demande... S'il s'y risquait, le neige aurait tôt fait de recouvrir ses misérables pipis !
          Moi, je ne dors pas, je rêve dans cette lumière irréelle... Et, passé le moment de la surprise poétique que m'a offerte la neige, c'est au printemps que je me mets à rêver... C'est l'image de Zelda, ma petite fille, sur les branches d'un pêcher en fleurs que je revois. Elle était radieuse, aérienne, au milieu des corolles roses, un ange... Une séductrice aussi. Marion la décrivait ainsi dans "Passionnément Chats", au moment de notre adoption :
          "D'immenses prunelles pailletées de vert et d'or, maquillées de noir, mangent un tout petit minois à nez court taché de fauve. La tache, qui déborde en arrondi sur l'emplacement des moustaches nacrées, dessine un trèfle délicat sur un fond blanc éclatant. (...) Toujours nerveuse, elle s'est détournée, et de profil, l'espace d'une seconde, elle me fait penser à une petite danseuse de Charleston des années vingt, avec ses longues pattes gainées de blanc, ornées de bracelets, sa queue mobile toute en volutes, son adorable nez retroussé sous un front bombé, et un bonnet qui dessine un accroche-coeur sur sa joue."
          Je la revois aussi, lovée dans le petit fauteuil posé sur les cabanes. On l'appelait "le fauteuil d'Emmanuelle". Lorsqu'on l'a installé, elle l'a repéré de suite :
          " Vers cinq heures, la première à traverser la terrasse est Zelda ; elle avance avec sa démarche de mannequin en croisant haut les pattes avant, s'étire en dessinant avec sa queue un cercle parfait. Puis son regard flashe sur le fauteuil ; attirée comme par un aimant, elle vient le flairer, puis d'un bond gracieux s'y installe. D'abord assise sagement, le regard innocent, elle  ne tarde pas à prendre une pose nonchalante : à demi couchée, elle laisse pendre négligemment les pattes et la queue (...). "Miss Chaussettes joue à" Emmanuelle".
          Peu à peu, les souvenirs font place aux vrais rêves... Et c'est dans un flocon de neige que m'apparaît Zelda, étincelante... Un flocon, n'est-ce pas une étoile, une star ?... "The Prettiest Star" pour Corine.

          Epilogue
          Les techniciens de l'EDF sont venus nous dépanner au bout de cinq jours. Le cable du téléphone - cassé aussi - a été réparé le 15 janvier. Un grand merci aux bougies, à la cheminée, au portable, à la famille et aux voisins compatissants ! Nous les chats, on n'a pas trop souffert. On a bullé sur les fauteuils du salon, autour du feu de bois. Marion, qui n'a pas d'appareil numérique (nulle en technique), n'a pas pu immortaliser ces moments de neige, mais elle a scanné une photo de journal.
          Voilà, fin d'une galère d'hiver en Provence.

          Antinéa

   16-01-2010 10;56;25 
        

Par Marion Sérignan - Communauté : passion féline
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 16:31



29-12-2009 16;13;4529-12-2009 15;59;18


          Cette période de fêtes, tournée vers l'avenir, vers cette nouvelle année qui arrive, est aussi un temps de nostalgie...

          Maman Marion a retrouvé d'anciennes photos de nous, des photos où on est en groupe, ce qui est rare car nous sommes tous assez indépendants et suffisament narcissiques pour vouloir poser seuls, jouer à la star...
          On était en 2004, nous étions encore huit à la maison.
          La première photo est un peu floue, mais c'est ma préférée car elle donne une impression de sérénité. Quatre chats autour d'une fenêtre, dont deux disparus depuis : Zelda et Tanit...
          Sur le petit fauteuil - qu'on appelait le fauteuil d'Emmanuelle, propriété presqu'exclusive de Zelda qui aimait y poser en star -, Tanit, l'ancêtre autoritaire, sombre panthère noire qui nous impressionnait toujours. Au premier plan, Salammbô dans le panier bleu ; comme d'habitude, elle n'a pas voulu montrer ses beaux yeux, de la couleur du panier. A droite, moi, me cachant un peu pour me faire oublier ; je me demandais si les filles allaient me tolérer longtemps. Mais je trouve que mon roux flamboyant ajoute une belle touche de couleur au tableau... Et à l'arrière plan, derrière la vitre, la jolie Zelda dont nous étions tous amoureux, avec son plastron blanc impeccable et son trèfle sur le nez...
          Sur la deuxième photo, tout avait été perturbé. Il faut croire que j'avais quand même un peu d'autorité puisque j'avais réussi à chasser Tanit du fauteuil et me l'approprier - j'ai toujours été un peu macho. Il y a une main qui cherche à me faire poser, moi je fais ce que je veux. Là, on est moins nombreux, mais ce qui est étonnant, c'est la petite tête de Scott, au loin dans l'appartement - lui aussi disparu... C'était mon rival numéro un. Dans "Passionnément Chats", Marion en avait fait l'époux de Zelda, en référence au couple Zelda et Scott Fitzgerald.
          Revenons au présent. Je suis heureux que Yom Yom soit sur le chemin de la guérison. Du coup, je l'embête moins, je la laisse se reposer sur son fauteuil favori.
          Par contre, je continue à faire marcher Maman sur la tête en faisant des fugues pour aller rejoindre mon copain Zeldo. Il a été adopté par les voisins, et à présent il est gras comme un thon. On se fritte encore un peu, mais on a de longues conversations... Pour le rejoindre, je dois traverser un champ où gambadent cinq chevaux. On ne peut pas dire que je manque de courage ! 
          Autre chose qui énerve Marion - et on le fait tous. Des travaux ont dévasté le terrain devant chez nous, il y a de la boue et j'adore me rouler dedans avant d'aller faire une petite sieste sur le canapé.

          Je vous souhaite - ainsi que nous tous, famille chats-humains - une très belle année 2010... 

          Woody

 
         

Par Marion Sérignan - Communauté : passion féline
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